La valériane, racine des nuits agitées

Photo : Ivar Leidus — CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons
Ses fleurs sont délicates, sa racine sent franchement mauvais, et l'Europe l'utilise depuis l'Antiquité. La valériane est une plante qui ne fait aucun effort pour séduire — ce qui la rend plutôt sympathique.
La valériane officinale (Valeriana officinalis) est une grande plante des lieux frais et humides, capable d'atteindre un mètre cinquante, coiffée d'ombelles de petites fleurs blanches ou rosées. Mais ce n'est pas la fleur qui intéresse les herboristes depuis deux mille ans : c'est la racine, ou plus exactement le rhizome, dont l'odeur — il faut le dire franchement — évoque le vieux fromage ou la chaussette oubliée.
Une plante de la tradition européenne
Dioscoride la mentionne au Iᵉʳ siècle, les moines la cultivent dans les jardins médiévaux, et elle figure ensuite dans à peu près toutes les pharmacopées européennes. On raconte qu'elle fut largement employée pendant les deux guerres mondiales, dans les populations civiles éprouvées par les bombardements. Son nom viendrait du latin valere, « se bien porter » — ou tout simplement d'une région d'origine, les avis divergent.
Curiosité : les chats y réagissent souvent comme à l'herbe à chat, ce qui vaut à la plante le surnom d'« herbe aux chats » dans certaines régions.
Ce qu'on utilise, et sous quelle forme
- La partie utilisée : le rhizome et les racines, récoltés à l'automne de la deuxième année, puis séchés à basse température.
- L'infusion : possible, mais l'odeur en décourage beaucoup. On procède plutôt par macération à froid, plusieurs heures, pour limiter l'amertume.
- L'extrait sec en gélules : la forme la plus répandue aujourd'hui, précisément parce qu'elle contourne le problème du goût.
- La teinture : forme traditionnelle en gouttes, à l'odeur toujours aussi caractéristique.
La valériane, du sommet à la racine
Valeriana officinalis. La racine séchée a une odeur forte, qui explique le succès des gélules.
Un usage qui demande de la patience
La tradition d'usage de la valériane est celle d'une plante que l'on prend sur la durée plutôt qu'en dépannage ponctuel. Les préparations sérieuses indiquent l'espèce complète (Valeriana officinalis — il existe des espèces voisines aux usages différents), la partie utilisée, et le rapport d'extraction. Une étiquette qui reste vague sur ces trois points en dit long sur le sérieux du fabricant.
Les précautions habituelles
La valériane peut accentuer l'effet de certains médicaments agissant sur la vigilance, et son usage est déconseillé avant de conduire ou de manipuler des machines. Elle n'est pas recommandée pendant la grossesse et l'allaitement, ni chez le jeune enfant, faute de recul suffisant. Comme souvent avec les plantes actives, le réflexe utile tient en une phrase : en parler à son pharmacien, surtout si l'on prend déjà quelque chose.
Sources publiques
Pour creuser la question auprès d'organismes reconnus :
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