Plantes apaisantes

Griffonia, safran : que disent les usages traditionnels sur l'humeur ?

Mis à jour en 2026 · Lecture 6 min
Banane, flocons d'avoine, noix, œufs, chocolat et verre de lait sur une table en bois

On me demande souvent laquelle des deux « est la meilleure ». Je réponds que ce ne sont pas des concurrentes. Elles n'ont ni la même histoire, ni la même origine, ni les mêmes usages.

Les deux noms reviennent régulièrement dans les conversations sur le moral et les plantes. Pourtant, tout les sépare. L'une est une liane d'Afrique de l'Ouest dont on récolte les graines. L'autre est le pistil d'un crocus, cueilli à la main, qui se vend au gramme depuis l'Antiquité. Les mettre côte à côte, c'est plutôt l'occasion de comprendre ce que chacune apporte.

Le griffonia, une graine et une molécule

Griffonia simplicifolia pousse au Ghana, en Côte d'Ivoire, au Togo. C'est une liane vigoureuse, aux gousses noires, dont les graines sont utilisées dans les traditions locales pour toutes sortes de préparations. En Occident, elle est devenue connue assez tard, dans les années 1980, pour une raison précise : ses graines contiennent naturellement du 5-HTP, une substance que notre organisme fabrique lui-même à partir du tryptophane, un acide aminé présent dans les œufs, la banane, les noix, les produits laitiers.

C'est ce lien qui explique sa réputation. Le tryptophane et le 5-HTP sont les étapes qui précèdent la sérotonine, un messager chimique très étudié dans le domaine de l'humeur et du sommeil. Le griffonia est donc traditionnellement associé à l'équilibre émotionnel et aux nuits sereines, plutôt sur le mode « on lui prête » que sur celui des certitudes.

Le safran, l'or rouge des cuisines

Le safran, c'est Crocus sativus, une fleur mauve qui s'ouvre en automne et dont on prélève les trois stigmates rouges, un par un, à la main. Il en faut environ cent cinquante mille pour un kilo. D'où son prix, et d'où son surnom.

Son histoire dans les usages liés à l'humeur est ancienne. La médecine persane traditionnelle lui attribuait un rôle sur « la joie », et on retrouve cette idée dans les textes arabes et grecs. Ce n'est pas un hasard si la Perse reste aujourd'hui le premier producteur mondial. Depuis une vingtaine d'années, cet usage traditionnel a suscité un vrai intérêt, et le safran figure désormais dans de nombreuses préparations associées à la sérénité et à l'équilibre émotionnel.

Un détail qui m'amuse : ce sont deux plantes que l'on peut aussi simplement manger. Le safran dans un risotto ou une paella, le tryptophane dans une omelette ou un bol de flocons d'avoine. Les traditions autour de l'humeur commencent souvent dans l'assiette.

Ce qui les rapproche et ce qui les distingue

Les deux sont associées, dans leurs traditions respectives, à l'humeur et au bien-être émotionnel. Mais le griffonia raconte une histoire de biochimie récente, celle d'un précurseur identifié dans une graine. Le safran raconte une histoire de civilisation, celle d'une épice précieuse à laquelle on prête depuis des siècles la capacité d'égayer.

Certaines personnes trouvent que l'une leur convient mieux que l'autre. C'est très individuel, et cela ne dit rien de la valeur de chacune. Les présenter en duel n'a aucun sens : ce sont deux chemins différents, pas deux réponses à la même question.

Les précautions qui comptent vraiment

C'est là que ce blog se fait sérieux. Le griffonia, par son action sur les mêmes voies que certains médicaments agissant sur la sérotonine, ne se combine pas avec eux sans avis médical. Le safran, à dose culinaire, ne pose pas de question ; sous forme d'extrait concentré, il est déconseillé pendant la grossesse. Dans les deux cas, toute personne suivie pour un trouble de l'humeur doit en parler à son médecin avant d'y toucher.

Ma façon de voir

Les plantes ne remplacent ni le sommeil, ni la lumière du matin, ni la marche, ni une conversation avec quelqu'un qui écoute. Elles s'ajoutent, parfois, à tout cela. Ce qui me plaît dans le griffonia et le safran, c'est qu'ils rappellent deux choses vraies : que l'humeur a une part chimique, et que les hommes cherchent depuis très longtemps, dans les plantes, de quoi retrouver un peu de légèreté.

Les plantes évoquées ici le sont pour leur histoire et leurs usages traditionnels, sans promesse d'aucune sorte. Une baisse de moral qui s'installe se discute avec un médecin ou un psychologue, qui disposent de vraies réponses.

Sources publiques

Pour creuser la question auprès d'organismes reconnus :

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