Pourquoi dort-on moins bien au changement de saison ?

Chaque année, aux mêmes dates, mes nuits se compliquent sans raison apparente. Il m'a fallu quelques automnes pour comprendre que la raison était dehors, pas dans ma tête.
Fin septembre, puis fin mars. Deux fois par an, mes nuits deviennent plus légères, les réveils plus fréquents, et l'endormissement se met à traîner. Je l'ai longtemps mis sur le compte du travail ou de l'humeur. En réalité, c'est un phénomène très ordinaire, et il a plusieurs causes qui tombent en même temps.
La lumière bascule vite
Notre horloge interne se règle sur la lumière du jour, surtout celle du matin. Or, aux intersaisons, la durée du jour change à toute vitesse : à Paris, on perd ou on gagne près de quatre minutes de lumière par jour autour des équinoxes. En trois semaines, cela fait plus d'une heure. L'horloge court derrière un repère qui bouge sans arrêt.
À l'automne, on se réveille dans le noir et on rentre dans le noir. Le signal du matin s'affaiblit, l'horloge a tendance à dériver vers le tard, et le coucher devient plus difficile. Au printemps, c'est l'inverse : la lumière arrive tôt, réveille avant l'heure, et les soirées claires retardent la sensation de fatigue.
La température ne sait plus quoi faire
Pour s'endormir, le corps doit perdre un peu de chaleur. C'est pour cela qu'une chambre fraîche aide et qu'une chambre surchauffée gêne. Aux changements de saison, les températures hésitent : des journées douces, des nuits froides, un chauffage qui n'est pas encore allumé ou qui l'est trop tôt. La couette d'été devient insuffisante à trois heures du matin, la couette d'hiver fait transpirer à minuit. Ces réveils-là, on ne les associe pas à la saison, et pourtant.
L'heure qui change, le petit décalage horaire
Le passage à l'heure d'hiver ou d'été ajoute un déplacement d'une heure d'un coup. Ce n'est pas grand-chose sur le papier, mais l'organisme met en général plusieurs jours à s'y faire, un peu comme après un court voyage. Le changement de printemps, qui fait perdre une heure, est souvent le plus mal vécu.
Ce que je change concrètement
- Des horaires tenus. Lever à la même heure tous les jours, y compris le week-end, pendant les trois semaines qui entourent le changement. C'est la période où l'horloge a le plus besoin d'un cadre.
- La chambre réglée avant la nuit. J'adapte la couette et j'aère dix minutes avant de me coucher. Une chambre autour de dix-huit degrés convient à la plupart des gens.
- Le soir tamisé. Au printemps, quand il fait clair tard, des rideaux épais et une lumière basse dès le dîner. Le corps a besoin qu'on lui dise que la journée finit, même si le ciel prétend le contraire.
- Le décalage en douceur. La semaine du changement d'heure, je décale coucher et lever d'un quart d'heure par jour, plutôt que de tout basculer en une nuit.
Le moral suit souvent le même chemin
Il n'y a pas que le sommeil. Beaucoup de gens sentent leur énergie baisser à l'automne et remonter au printemps. C'est une variation saisonnière très répandue, liée aux mêmes mécanismes de lumière. Elle est en général légère et passagère. Une tisane le soir, une promenade à midi, quelques semaines de patience, et le corps trouve son nouveau réglage.
Ce qui me rassure, désormais, c'est de savoir que ces nuits en dents de scie ont une date de fin. Elles arrivent avec la saison, elles repartent avec elle. Le connaître change beaucoup la façon de les vivre.
Sources publiques
Pour creuser la question auprès d'organismes reconnus :
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